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Wendo Kolosoy
Wendo Kolosoy est une figure emblématique de la rumba congolaise. Tous les Papa Wemba, Pépé Kalle (décédé en novembre 1998), Sam Mangwana et autres talents le reconnaissent comme l'un de leurs maîtres. La musique de Wendo Kolosoy est un mélange subtil d'ingrédients aux couleurs africaines : une rumba chaloupée, des notes de guitare qui s'égrènent avec une fausse langueur et, surtout, cette voix patinée par les ans. L'histoire de la rumba congolo-zaïroise (dont Wendo Kolosoy est l'une des figures de proue) débute dans les années 20 à Kinshasa. Des coastmen (africains de l'Ouest installés à Kinshasa) commencent à introduire des instruments et des rythmes venus d'ailleurs au sein de la musique traditionnelle congolaise, qui présente, pourtant, un panorama déjà très riche d'ethnies et de coutumes différentes. C'est ainsi que l'harmonica, l'accordéon et la guitare se mêlent de plus en plus aux tam-tams. Les rythmes High-Life viennent structurer le tout. A Kinshasa, on se trémousse et on invente de nouveaux pas de danse, vite repris dans le reste de l'Afrique. Les dancings se multiplient à Léopoldville (ancien nom de Kinshasa) et les missionnaires regardent tout ceci d'un oeil éminemment réprobateur. Ils multiplient les initiatives pour détourner les jeunes de cette frénésie : les religieux organisent des activités sportives, développent le scoutisme et les chorales. Ironie du sort, ces chorales religieuses seront une formidable école pour la future génération de chanteurs.Dans les années 40, la rumba (venue d'Amérique Latine) déferle sur l'Afrique Centrale. C'est dans ce contexte bouillonnant qu'apparaît Antoine Kolosoy.Dès le début de sa carrière de chanteur, il prend le prénom " Windsor " (en référence sans doute au Duc de Windsor) rapidement transformé en " Wendo Sor " jusqu'à ce que le " Sor " tombe aux oubliettes. En 1948, accompagné par le guitariste Henri Bowane, il sort son premier succès. " Marie Louise " -sorti en 78 tours- devient le premier tube panafricain. La chanson, lorsqu'elle est jouée vers minuit, a même la réputation de pouvoir réveiller les morts. L'Eglise excommunie cet air satanique et Wendo est obligé de quitter la capitale et de s'exiler à Kisangani. Juste hommage à son talent et à sa contribution à l'histoire de la musique africaine, il reçoit un " Ngwomo Africa " lors de la première édition de ce grand prix panafricain de la chanson. Mais c'est le Massa 99 qui l'a véritablement remis sur le devant de la scène. Et, aujourd'hui, Wendo sort un nouvel album avec une équipe totalement renouvelée (seuls " anciens " : Albert Emina -66 ans- et Anne Marie N'Zié, la diva camerounaise, venue improviser un duo).
Magali Bergès
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